Maïs fourrage : Variété corné ou denté ? Quel est le meilleur choix pour le maïs fourrage ?

Le maïs corné (corné-denté) a toujours été la star du maïs fourrage car physiologiquement adapté à cette destination : un épi mûr, bien rempli sur une plante verte. Les dentés, de par leur dessiccation rapide, peuvent sembler apporter un gain supplémentaire et un rendement amidon plus intéressant. Corné vs denté, faisons le comparatif pour un maïs fourrage …

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Maïs Corné et Denté ne sont pas identiques

Les apports génétiques d'un denté et d'un corné sont différents, leur cycle végétatif ne se réalise pas de la même façon. Par ailleurs, les besoins en sommes de températures d'un maïs denté sont bien souvent plus importants.

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Il peut être tentant de récolter un denté plus tard pour maximiser le rendement amidon. Mais si les sommes de températures disponibles sur la parcelle permettent d'attendre, il sera plus judicieux de semer un maïs corné plus tardif afin de gagner en tMS/ha, tout en évitant les problèmes de conservation et la baisse de valeur alimentaire occasionnés par la sénescence de la plante.

Pour rappel : 1 point de MS = 20-25 degrés-jour = 0,2 tMS/ha supplémentaire.

La plante maïs

Le maïs ensilé plante entière apporte de l’énergie sous 2 formes : l’amidon et les parois végétales (NDF). Au stade ensilage, en conditions de végétation normales, environ 50 % de l’énergie d’un maïs provient de la digestion des parois des tiges et des feuilles dans le tube digestif des ruminants.

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Un maïs corné est plus équilibré à l’auge

Au stade 30-35 % de MS, le maïs corné présente un appareil végétatif encore vert, l'épi est constitué à 50 % d'humidité et son potentiel est maximum. On a donc un bon rapport épi / plante entière.

Alors que le denté doit remobiliser toutes ses ressources pour alimenter l'épi et permettre sa dessiccation (obturation des vaisseaux reliant le grain à la rafle et au reste de la plante). Certes l'épi est bien rempli mais la plante est desséchée et moins digestible.

Un grain denté n’est pas plus facile à digérer pour les vaches

Au stade ensilage, la teneur en amidon vitreux est la même entre denté et corné donc aucune différence de dégradabilité entre type de grains dans le tube digestif des ruminants. Cette différence devient visible au-delà de 60 % MS dans le grain, soit plus de 40 % MS plante entière donc en dehors du stade optimal de récolte.

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Au silo

Il convient de fermer hermétiquement son silo afin d'obtenir rapidement un milieu en anaérobie (absence d'oxygène) permettant le développement des bactéries lactiques.

Les récoltes dites tardives (à taux de MS élevé) sont préjudiciables à une bonne conservation du silo car la plante contient moins de sucres solubles, indispensables à la fermentation ; un maïs sec est difficile à tasser car il renferme de plus en plus d’air donc la fermentation est retardée, voire altérée (développement de moisissures notamment).

Ensiler un maïs à 39-40 % MS comparé à un maïs à 32 % MS, représente une perte nette de l'ordre 10 % par ha à la reprise (pH trop élevé, moisissures, etc...)

Pour une dégradabilité optimale de l’amidon

Il est important d'attendre 1 mois minimum avant d'ouvrir son silo (beaucoup d'éleveurs constatent une meilleure réponse laitière au maïs après 3 mois de conservation). Pour un maïs récolté tard, la dégradabilité ruminale de l'amidon va augmenter au fil du temps mais elle restera toujours inférieure à celle d'un maïs ensilé à 33 % de MS.

Il est conseillé de rechercher une dégradabilité ruminale élevée de l’amidon (environ 80 à 85 %) pour minimiser l’amidon by-pass dont seulement 90 à 95 % sont digérés dans l’intestin grêle ; les 10 à 5 % restants sont retrouvés dans les bouses. C’est une perte nette et donc une perte de valeur UFL du maïs concerné.

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Taux d’amidon élevé : vigilance !

Pour une ration à base de maïs fourrage, viser 21 - 24 % d’amidon

Au-delà de 22 %, on assiste à un gaspillage de 1 UF par tranche de 3 points de teneur en amidon supplémentaires, et au-delà de 27 % d’amidon, la digestion ruminale sera perturbée, avec un risque d’acidose accru.

Ainsi, avec un maïs ayant un taux d’amidon élevé (cas des maïs ensilés tardivement ou des génétiques dentées), il faut veiller à baisser sa part dans la ration distribuée.

En conclusion, le maïs est une source d’énergie essentielle dans la ration des vaches laitières, et plus de la moitié provient des tiges et feuilles.

Plus le maïs est récolté tard, plus la digestibilité des parois diminue, et plus la dégradabilité de l’amidon est basse.

Récolter un maïs à un taux de MS compris entre 32 et 35 % reste un enjeu majeur pour assurer une bonne valeur énergétique et une bonne conservation.