Mycotoxines : les conseils pour diminuer les risques sur maïs

Les mycotoxines sont responsables de conséquences graves sur la production animale. Pour éviter ces substances dans l’alimentation des animaux, il existe des pratiques culturales pertinentes à mettre en place. Retour sur les principales mycotoxines rencontrées sur maïs, leur développement et les méthodes de lutte appropriées.

Mycotoxines : conseils pour diminuer les risques sur maïs

Mycotoxines : conseils pour diminuer les risques sur maïs

Quelles sont les mycotoxines retrouvées sur maïs ?

Les mycotoxines sont des substances toxiques qui sont produites par des champignons. Sur maïs, on parle plus précisément des espèces Fusarium et Aspergillus. Ces dernières peuvent se développer en culture, mais aussi lors du stockage.

  • DON et Zéaralénone pour Fusarium graminearum
  • Fumonisines pour Fusarium Section liseola
  • Aflatoxines pour Aspergillus

Comment se développent les mycotoxines sur maïs ?

Les conditions qui permettent le développement des champignons et par conséquence des mycotoxines sont principalement liées au climat (température et humidité). En fonction de la météo, on peut observer plutôt :

  • Fusarium graminearum, lorsque les étés sont doux et humides (25-27°C)
  • Fusarium section liseola, lorsque les étés sont chauds et secs (> 30°C)
  • Aspergillus, lorsque les étés sont très chauds et secs (>34°C)

Le fusarium est le type de champignon le plus rencontré en France.

Quelles sont les conséquences de l’ingestion de mycotoxines du maïs sur les animaux d’élevage ?

Les bovins moins sensibles aux toxines

Généralement, les animaux ruminants, comme les bovins, sont moins sensibles à ces substances fongiques toxiques. Leur système digestif, basé sur la rumination, permet en effet de dégrader les toxines avant leur absorption intestinale.
Dans certains cas, on note tout de même une atteinte du foie, du système digestif, nerveux ou des problèmes au niveau du système reproducteur (avortement, infertilité), notamment chez les moutons.

Les monogastriques, très sensibles aux mycotoxines

Les monogastriques sont très sensibles aux toxines. En fonction des types de mycotoxines rencontrées, les symptômes peuvent être les mêmes que chez les bovins. On note également des conséquences importantes sur la productivité. La croissance des animaux est ralentie et le système immunitaire peut être touché. Des résidus peuvent aussi être retrouvés dans la viande.

Comment éviter le développement des mycotoxines sur maïs ?

Les pratiques culturales

Pour Yvan Contrain, responsable développement de KWS, « toutes les pratiques culturales qui ont pour vocation de détruire les résidus du précédent sont bénéfiques pour lutter contre les mycotoxines ». Elles vont soit :
- Détruire le champignon producteur de mycotoxines (inoculum) par dégradation naturelle.
- Détruire l’habitat des larves de foreurs (notamment pyrale), qui provoquent des lésions par lesquelles s’introduisent certains champignons (Fusarium Section liseola).
La fertilisation en azote doit être apportée en quantité optimale pour « limiter le stress et permettre un développement des défenses naturelles de la plante contre les mycotoxines ».

Le choix variétal

Certaines variétés sont moins sensibles aux champignons, et par conséquence aux mycotoxines. Il est donc important de sélectionner une variété correspondante aux risques de la région.

Lors du stockage

Les champignons sont présents à l’état latent au niveau du stockage. Le nettoyage des silos, mais aussi la maîtriser de l’humidité, l’aération et la fermentation par la confection des silos est essentielle.

Récoltes tardives

Eviter les récoltes tardives en décalant le cycle du maïs peut aussi amener à diminuer les teneurs en mycotoxines dans le produit final. Certaines mycotoxines, comme le ZEA se développent en effet plus tardivement.

Qui est Yvan Contrain ?

Yvan Contrain est responsable du développement chez KWS. Il s'occupe de toute la mise en essai des variétés maïs. Il fait le lien entre la recherche et l'agroservice.