Produire du gaz grâce au maïs

Le maïs est la matière première qui a le plus fort pouvoir méthanogène, et la culture la plus compétitive pour ce débouché. Quelques éléments de compréhension sur le sujet…

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Le maïs : la culture la plus méthanogène

Le potentiel méthanogène d’une culture correspond à la quantité de méthane pouvant être produite après un traitement par méthanisation. Ce potentiel s’exprime en volume de méthane ramené à la masse de matière organique du végétal. L’unité utilisée est le Nm3 CH4/kg MO ou par kg MF (Nm3 pour normal mètre cube, MO pour matière organique, MF pour matière fraîche). Dans toutes les publications, le maïs est la culture produisant le plus de méthane, avec une moyenne de 220 Nm3 CH4/kg MF, loin devant l’herbe qui produit en moyenne 172 Nm3 CH4/kg MF.

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Des différences entre variétés

Le potentiel méthanogène varie d’une variété à l’autre. On estime en effet que, selon les variétés, l’accessibilité de la matière organique à la biodégradation dans le digesteur diffère. L’essor de la méthanisation en Allemagne a permis d’apporter énormément de références. Aujourd’hui, les variétés de maïs destinées à la méthanisation peuvent faire l’objet d’une inscription spécifique en Allemagne. Leur pouvoir méthanogène est précisé à l’aide d’une équation officiellement retenue. Le second paramètre à prendre en compte est le rendement par ha. Le choix d’une variété de maïs reste donc lié au couplage entre performances de production à l’hectare et pouvoir méthanogène.

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Le maïs en culture principale ou en dérobée

Contrairement à l’Allemagne, la France encourage l‘utilisation de cultures dérobées pour alimenter les méthaniseurs. Depuis juillet 2016, le seuil maximal autorisé en France, pour l’incorporation dans les digesteurs de cultures cultivées à titre principal, est de 15 %. Il est donc possible d’utiliser du maïs en culture principale et en dérobée. Les dérobées sont dans ce cas appelées CIVE (Culture Intermédiaire à Valorisation Energétique). Pour un maïs semé en culture principale, la précocité sera choisie dans la fourchette haute des indices cultivés habituellement, pour une récolte entre 30 et 35 % MS. Dans le cas d’une CIVE, semée après une orge ou une céréale ensilée par exemple, le choix se portera sur des variétés ultra précoces, pour une récolte à 27 % MS minimum.

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