Recensement agricole 2020 : moins d’exploitations, plus en productions végétales.

Recensement agricole 2020 : 10 ans après, les tendances se vérifient

Les premiers résultats du recensement agricole 2020 ont été publiés dès la mi-décembre 2021. Dix ans après le dernier recensement, il est temps de faire un arrêt sur image de l’activité agricole en France. Les tendances des dernières années se vérifient : baisse du nombre d’exploitations et agrandissement de ces dernières sont à l’ordre du jour. Premier bilan en attendant les résultats complets de l’étude, en avril.

Moins d’exploitations agricoles sur le territoire

Le nombre d’exploitations agricoles est en perte de vitesse depuis les années 1970. Il se vérifie un peu plus à chaque recensement agricole. Et 2020 n’échappe pas à la règle. Alors qu’on comptait encore environ 480 000 exploitations en 2010, elles ne sont plus que 389 000 aujourd’hui, d’après les données publiées par l’AGRESTE.

Le déclin paraît néanmoins s’atténuer :

  • Il était de -3 % entre 2000 et 2010.
  • Il est de -2,3 % entre 2010 et 2020.

Rendez-vous en 2030 pour vérifier cette tendance.

Une perte de vitesse des productions animales plus importantes

Les exploitations qui disparaissent le plus sont celles orientées vers l’élevage. Ainsi, 64 000 exploitations, représentant 31 % des effectifs des exploitations d’élevage, ont disparu entre 2010 et 2020. Il s’agit notamment des exploitations non spécialisées (exploitation lait / viande ou polyculture élevage). Résultat : plus d’une exploitation sur 2 est tournée vers la production végétale aujourd’hui en France métropolitaine, avec, par exemple, la culture des pois protéagineux et légumineuses.

Des exploitations plus grandes en surface

La surface agricole utilisée (SAU) est de 26.7 millions d’hectares. Elle décline de 1 % par rapport à 2010.
La surface moyenne exploitée est de 69 hectares, ce qui équivaut à 14 ha de plus qu’en 2010. Ce sont notamment les éleveurs qui acquièrent le plus de surfaces.
Alors qu’ils détenaient :

  • 78 hectares en 2010, les éleveurs laitiers voient leur SAU moyenne augmenter de 28 hectares.
  • 65 hectares en 2010, les éleveurs allaitants agrandissent leur SAU moyenne de 20 hectares.

L’augmentation de la SAU moyenne n’est que de 16 hectares en 10 ans pour les céréaliculteurs et producteurs d’oléoprotéagineux.

Les grandes exploitations…grandissent

Les exploitations considérées comme grandes, c’est-à-dire celles qui dégagent plus de 250 000 euros brut par an sont les seules dont le nombre s’accroît : +3.4% en 10 ans.
Leurs caractéristiques sont les suivantes :

  • Elles représentent une exploitation sur 5.
  • SAU moyenne de 136 ha.
  • 40 % du territoire agricole.
  • Elles mobilisent 45 % de la force de travail agricole.

Vers une professionnalisation du salariat agricole

L’équivalent de 583 000 emplois travaille en agriculture en 2020 à temps plein. Cela représente un recul de 12 % en 10 ans. Ce recul s’explique par la réduction des travailleurs considérés comme aidants familiaux. Elle n’est pas entièrement compensée par l’augmentation des effectifs des salariés permanents non familiaux. De plus en plus de travailleurs spécialisés externes prennent ainsi place dans les exploitations agricoles.
Ces dernières font toujours appel, de manière stable depuis 10 ans, à des ETA (entreprises de travaux agricole), CUMA (Coopérative d’utilisation de matériels agricoles) ou de groupements d’employeurs.

La situation dans les DOM TOM

  • 26 600 exploitations agricoles.
  • Surface moyenne : 5 ha.
  • 55 000 actifs permanents.
  • La moitié des exploitations spécialisée dans les productions végétales.

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